AKB et la coccinelle

Le post de la semaine a un jour d’avance ! Malheureusement je n’ai plus beaucoup de temps pour dessiner, alors que j’ai plein d’idées de planches… J’hésite également entre ajouter d’autres rubriques “le … de la semaine” ou les publier sous forme de nouveaux posts… On verra bien !
En attendant, voila les news !

Le dialogue de la semaine (dernière) :

Il a eu lieu le vendredi, dans le resto chilien où Guillaume, un ami insalien en voie de diplômage, ses amis Japonais hispanophones et Chili-o-philes, son ami Chilien et moi avons dîné. (Fameuse cuisine au passage ! Je pourrais écrire un post entier sur le menu !)

Yo-chan – Au fait Octopoulpe… Comment se fait-il que tu parles si bien japonais ? Tu n’as aucun accent !
Moi – Je ne sais pas… Les autres gens ont un accent ?
Yo-chan – Ben les étrangers ont tendance a avoir un accent bizarre… Genre “KOnnÏÏ cHiwaAA !”
Moi – Ha ha ! Je n’ai jamais entendu quelqu’un parler comme ça !
Yo-chan – Mmh… Peut-être que c’est surtout les latinos alors. Tu sais, il y a plein d’accents sur les mots en espagnol et ça fait un drôle de mix avec les accents des mots japonais !
Moi – Oui, c’est peut-être ça. En français il n’y a pas d’accentuation standard spéciale des mots comme en espagnol ou en anglais, alors il n’y a pas de raison que j’en mette à des endroits bizarre quand je parle japonais !
Le tenancier – C’est vrai qu’elle parle bien japonais ! Chapeau ! Tiens d’ailleurs, le type assis là bas, il sait parler français à ce qu’il paraît.
Le vieux client (dans un français chevrottant) – Bonjour… Monsieur… Comment… allez-vous ?
Moi – Euh, impressionnant !
Le client (en japonais) – J’ai vécu en France il y a une cinquantaine d’années…
Le tenancier – Moi aussi j’ai été en France ! La princesse Diana venait de mourir, on ne parlait que de ça et il y avait des fleurs partout, hein mademoiselle ?! J’ai même été sous le pont/tunnel où elle est morte ! C’était un pont drôlement étroit, hein mademoiselle !
Moi – euh… je suppose…

Je n’ai pas osé dire au brave monsieur que j’étais bien trop jeune pour me rappeler des fleurs ou de la taille du pont, d’autant que je n’habitais pas du tout à Paris… Mais c’était un gentil monsieur, qui m’a promis de m’emmener manger les gâteaux de son fils/neveu (j’ai pas trop compris) pâtissier (sous-entendu “fait des gâteaux français”), et de me faire manger au resto de sushis de son “vieux client” qui a vécu en France quand mes parents étaient à peine nés.

Le personnage de la semaine

Nakahara-san. Que vous reconnaîtrez mieux sous le pseudo de Caleçon-san… Car OUI ! Il a un nom ! Et même un métier très louche que j’ai pas trop compris.

– Et vous faites quoi dans la vie ?
– Je suis #~&ç%£$¤ .
– Euh, pardon ? Je crois que je ne connais pas ce mot…
– Ah, c’est compliqué à expliquer. Disons que je présente de jolies jeunes filles.
– Ah bon, OK alors.

D’après mes recherches, il pourrait travailler comme agent d’accueil dans un “Kyabakura”, Cabaret (kyabare) Club (kurabu). Autrement dit il présente de jeunes filles refaites du front aux talons à de vieux salarymen, elles font semblant de s’intéresser à leur vie et les poussent à consommer de l’alcool (ce qui constitue la principale source de revenus du club).

En dépit de son métier glauque et de ses tendances exhibitionnistes, Caleçon-san est un type très drôle. Il a l’air jeune mais a des expressions de vieille campagnarde japonaise, et un sens de l’humour et de l’autodérision à toute épreuve. Quand il est joyeux il siffle et joue de la guitare dans sa chambre à la porte toujours ouverte qui ressemble à une grotte (i.e. obscure et pleine de trucs bizarres), et passe des heures à manger du poisson micro-ondé en regardant des dramas à l’eau de rose à la télé. Des fois il lit le journal assis/couché sur le parquet au milieu du couloir (en caleçon bien entendu). Son air docte lorsqu’il dit des trucs complètement évidents est la chose la plus hilarante que j’aie vue depuis longtemps.
Quand la poubelle reste ouverte, ça attire les insectes.” *yeux plissés, air complice et astucieux*
Dommage que nos heures de travail ne correspondent pas du tout et qu’on ne voie jamais, autrement je suis sûre qu’on rigolerait bien. L’autre jour il discutait avec ma coloc allemande :

Elle – Qu’est-ce que tu fais avec ce carnet plein de chiffres ? C’est pour le boulot ?
Lui – Ah… Pas vraiment. Ce sont des numéros de téléphone. En fait je cherche des filles…
Moi – Pour ton travail ?
Lui – Mmh non, en fait je cherche une petite amie.
Elle – HA HA HA vraiment ?!
Lui – Eh oui, il serait temps que je me case, et ce n’est pas au boulot que je vais trouver quelqu’un.
Elle – Que dirais tu d’une Allemande ?
Lui – Ce serait le paradis !😀
Elle – MOUHA HA HA !
Lui – Elles ont les jambes longues et en plus elles sont minces et en plus elles s’habillent bien et en plus elles sont sérieuses et en plus elles sont intelligentes… Enfin bien sûr je ne comprendrais pas un mot à ce qu’elle raconterait. Ce qui peut éventuellement poser un petit problème.
Elle – Moui enfin ça dépend des gens, comme partout. Mais quel genre de personne recherches-tu ?
Lui – Je veux une fille sérieuse. Et un peu mignonne aussi. Mais suis-je moi-même sérieux et mignon ? Bon juste une fille mignonne. Mais si je dis ça ça ne va pas du tout. Alors juste une fille qui me vale en qualités et en défauts. Oulah la non surtout pas en fait, c’est encore pire !

C’était Caleçon-san. Je suppose qu’il cherche une fille se promenant en sous vêtements à toute heure du jour !

Le Mamechishiki de la semaine :

Les Japonais aiment bien raccourcir les mots. Malheureusement si je vous donne des exemples en japonais, je doute que les moins japanophones d’entre vous rigolent beaucoup.
Alors j’ai mieux : des mots anglais raccourcis par les Japonais ! Comme vous le savez probablement, les Japonais disposent de plusieurs syllabaires, dont un qui leur permet d’écrire de façon phonétique n’importe quel mot étranger.
Le bon côté c’est que contrairement aux journalistes français, ils prononceront tous EYJAFJALLAJÖKULL de la même façon. Le mauvais côté c’est qu’ils prononceront indistinctement tous les mots étrangers “à la japonaise” – en pensant probablement que c’est la prononciation juste.

Exemples :
Cabaret Club -> Kyabare Kurabu (le “e” se prononçant “é”. Essayez à voix haute, vous verrez, c’est phonétique… ou presque)
France -> Furansu
Chou à la Crème -> Shu Kurimu (chou cream ?)

En général, des voyelles viennent s’ajouter (kurabu) car une consonne japonaise est presque toujours suivie d’une voyelle, ce qui rend les mots plus faciles à prononcer (pas comme les mots polonais à 6 consonnes qui se suivent) mais plus longs. Et le Japonais n’aime pas les mots de plus de quatre syllabes. D’où les mots suivants, saurez vous retrouver l’expression originale ?

Kyabakura -> Cabaret Club
Faki -> First Kitchen (Faasuto Kichin – chaine de restos qui fait bien rire les anglophones, car Faki se prononce à la japonaise comme “Fuck”)
Paribure -> Paris-Brest (le gâteau Paris-Brest, Pari Buresuto)
Gurasan -> Sunglass (San Gurasu -> Gurasu San -> Gurasan !)
Sumaho -> Smart Phone (Sumaato Foon)
Pasokon -> Personal Computer – PC (Paasonaru Konpyuutaa)
Rimokon -> Remote Controller (Rimooto Contororaa – télécommande)
Baito -> Arbeit (mot allemand signifiant travail,dont le sens est devenu en japonais “job étudiant” – Arubaito)
Pokemon -> Pocket Monster (Poketto Monsutaa)
Digimon -> Digital Monster (Dijitaru Monsutaa)

Voici des mots tout à fait communs en japonais, que vous pourrez entendre dans n’importe quelle conversation, lire dans n’importe quel journal tout à fait sérieux !

Bonus :

Mais que diable signifie le titre de ce post ?
Comme nous venons de le voir, les Japonais aiment les racourcis. C’est pourquoi Akihabara (littéralement “Vallée des feuilles d’automne”, quartier où nous sommes allés le week end dernier), est devenu “Akiba” puis AKB (comme le célèèèèbre groupe pop AKB48). Or la semaine dernière à Akiba, nous avons acheté une plante carnivore pour décorer le bureau, que nous avons logiquement baptisée AKB. Mon boss était tout excité, et tout le monde n’avait qu’une hâte, moi la première : voir un malheureux insecte se faire dévorer.
Le premier d’entre-eux à se présener à la fenêtre fut une coccinelle… Alors je sais, c’est joli et c’est la bête à bon dieu, toussa toussa… Je l’ai attrappée et mon boss l’a donnée aux machoires voraces d’AKB, nous sommes damnés mais nous ne regrettons rien *rire démoniaque* ! Pourquoi les insectes moches devraient finir en bouillie et que les insectes “jolis” ne pourraient pas fournir sa dose de protéines à une plante affamée ? C’est la revanche de la flore sur la faune, du faible sur le fort, en fait je suis Robin des Bois (hantés par des fantômes de coccinelles).

Omnomnom

Digestion depuis le 7e étage

5 Responses to “AKB et la coccinelle”

  1. marie Says:

    quel mignon petit monstre ! minioru monsteru : rumini ! 😀

  2. Le Frangin Says:

    Mouahahahah !
    Tant pis pour la cox, pour moi c’est jamais qu’un hanneton rouge… ^^

  3. Val Says:

    Je viens de découvrir ton blog et franchement, je me suis bien amusée.? J’adore ta façon de raconter les choses. Merci beaucoup. Pour combien de temps es tu encore là bas? Je veux continuer à m’amuser!! ;-))
    Bisous
    Val (la maman de tes cousins)


Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: