Kakkoii corner #2

Il ne s’est rien passé cette semaine, à part que deux nids de guêpes sont apparus sous nos fenêtres et que tous les gens que je croise habituellement ont soudain gagné un bronzage homard-like.
Voici donc un Kakkoii corner dédié aux services publics japonais.

La poste japonaise

Pour avoir suffisamment souffert du service postal français, je peux apprécier comme il se doit le service de livraison japonais.
Le fait que la concurrence soit ouverte sur le marché postal n’y est certainement pas pour rien, mais avec la poste japonaise vous pouvez faire des trucs extraordinaires, comme envoyer du poisson d’un bout du pays et qu’il arrive frais au destinataire à l’autre bout. Ca vaut aussi pour les gâteaux à la crème, mais la pub parlait de poisson et mes colocs reçoivent vraiment du poisson par la poste.

Mais le mieux,  pour les gens comme moi qui n’envoient pas de poisson cru (ou cuit d’ailleurs) par la poste, c’est la livraison. Si par hasard vous n’êtes pas chez vous pour recevoir votre colis / lettre recommandée, le facteur vous laisse une carte. Dessus c’est marqué “Nous repasserons aujourd’hui à telle heure”, et si ça ne vous convient pas, il y a également un encart où vous choisissez la date et l’heure qui vous arrangent le mieux, à partir de “demain” jusqu’à “dans 15 jours”. Après il suffit de remettre la carte dans les boîtes aux lettres de la poste (il y en a vraiment partout).
Bien entendu, vous pouvez aussi aller sur le site de la poste et renseigner directement la date et l’heure qui vous plaisent.
Là où ça devient vraiment japonais, c’est que les fenêtres horaires proposées sont d’une durée de 2h, par exemple “demain entre 12h et 14h”, et vont jusqu’à 22h… Et le livreur arrive à l’heure. Oui, vous avez bien lu : là où la poste française vous donne une date approximative (avec un retard quasi obligatoire d’un ou deux jours, sauf si vous payez des options hors de prix), la poste japonaise se débrouille pour livrer TOUS les clients d’une ville de 35 millions d’habitants avec une marge d’erreur de 2 heures, jusqu’en en fin de soirée… Par défaut. C’est à dire sans rien demander de spécial, sans options, gratuitement. Et ça c’est si tu as été absent les deux premières fois où le facteur est passé… Moi je dis chapeau.

La carte Suica

En entrant dans n’importe quel Konbini (convenience store, épicerie ouverte 7/24) Tokyoïte, en passant à la caisse, vous pourrez voir un boiter vert étiqueté “Suica”. En prenant le taxi, en prenant le bus, dans les galeries marchandes des gares, dans les trains, les monorails, dans le métro : partout des bornes “Suica”.

dernièrement je ne peux plus faire de rotations sur mes photos

Suika signifie “pastèque” en japonais, et le logo “suica” représente en effet une pastèque, mais les pastèques n’ont rien à voir la dedans.
La carte Suica est une carte de paiement sans contact, c’est à dire qu’il suffit de l’approcher d’une borne pour qu’elle fonctionne. Accessoirement, c’est aussi la carte la plus pratique (et la moins sécurisée, ce qui fait partie de sa coolitude) que vous pouvez posséder à Tokyo, car comme cité plus haut, vous pouvez l’utiliser dans un nombre impressionnant d’endroits : magasins, transports en communs, transports pas communs, distributeurs de boissons : un “bip” et c’est réglé.
Mais quel genre de formalités compliquées faut-il effectuer pour obtenir sa Carte Pastèque, sachant qu’un abonnement aux Transports en Communs Lyonnais vous coûtera entre 10 et 15kg de paperasse et votre généalogie sur les 6 derniers siècles ?
Voici la marche à suivre : aller devant un distributeur de Suica, choisir “Nouvelle Suica”, introduire 20€ (5€ de caution, 15€ de charge), serrer sa Suica toute neuve contre son coeur. 5 secondes chrono, 0€ de frais, 0 paperasse et le pouvoir est entre vos mains.
Bien entendu, niveau sécurité c’est zéro pointé, mais il faut savoir que cette carte n’était pas vraiment destinée à devenir une carte de paiement universelle.

Au départ, la Suica est une simple carte de train, qui n’offre aucune réduction de tarifs mais un gain de temps considérable (on parle quand même des transports d’une mégalopole géante) : au lieu de chercher le tarif en machine, d’acheter le ticket qui va bien, de le composter au portillon d’entrée, de le composter en portillon de sortie, on charge sa carte une fois de temps en temps, on effleure la borne dans la foulée et c’est parti. Et comme c’était vraiment très très pratique, ça s’est étendu partout.

Bien entendu si tu perds ta carte, tu perds aussi irrémédiablement tes sous et n’importe qui peut les utiliser, mais c’est aussi le cas si tu perds un billet de 20€… De plus, il existe aussi des versions de la Suica avec le nom du propriétaire dessus (sachant qu’au Japon les gens vont vraiment te la rendre). Et c’est vraiment cool de passer ta carte sur la borne au Kombini plutôt que de chercher 17,51€ en pièces de 10cts. Et ai-je précisé que la Suica peut être virtuellement incluse dans ton portable, c’est à dire que tu payes ton café en agitant ton téléphone devant le distributeur ? C’est-y pas 21e siècle ?
Bref, la Suica c’est un Monéo sans contact qui a réussi, et pour moi elle mérite vraiment son nom de Super Urban Intelligent Card.

Je ne sais pas ce que le pingouin vient faire dans cette histoire, mais voici un daruma – pingouin Suica que j’ai rencontré à Gunma :

à gauche, un daruma – à droite, un pingouin daruma

3 Responses to “Kakkoii corner #2”

  1. Le Frangin Says:

    Comment ça la poste française c’est pas le top du service ?!
    Ca ne t’enchante pas quand ils laissent un avis de passage en s’étonnant que les gens ne soient pas chez eux en pleine semaine entre 9h et 18h ? ^^

    Bon sinon la carte pastèque c’est un super concept… mais il se passe quoi si tu passes par inadvertance près d’un truc payant et que ta suica croit que tu veux payer ?

    • Eleys Says:

      ha ha il faudrait vraiment le chercher pour que ca arrive !
      “Oups, je voulais frauder dans le train et par inadvertance j’ai passe mon portefeuille sur la borne !”
      “Oups, je me suis assis sur le comptoir de vant la caissiere et j’ai par inadvertance paye les courses d’un inconnu ! “


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