Shinshu #2

Le voyage s’est poursuivi dès 7h le lendemain matin. Du moins c’est ce qui était prévu. Si la voiture de location avait démarré.

Il se trouve que Mister T avait laissé les phares allumés toute la nuit, alors forcément, la batterie a déclaré forfait et nous nous sommes retrouvés bien malins avec notre super voiture de location plantée au milieu d’un parking désert, à une heure où même les stations services sont fermées. Pour la défense de Mister T, les phares de la voiture étaient particulièrement faibles, au point qu’aucun d’entre nous n’a remarqué qu’ils étaient restés allumés (au milieu de la nuit noire). Mais ça m’a aussi fait prendre conscience que contrairement à mes potes pilotes de course, Mister T n’était pas forcément très calé en automobile… surtout quand il a pointé le réservoir d’eau en demandant: “c’est ça la batterie ?”.

Je lui ai donc expliqué quelles options s’offraient à nous, et nous avons finalement décidé de faire appel au gentil propriétaire de l’hotel, qui a rechargé notre batterie en la connectant à celle de sa grosse voiture, avant de repartir s’occuper de ses clients 1km plus loin.

Moi – Ouf ! Nous voilà sauvés !
T – Ouais, enfin on va pouvoir se mettre en route !
Voiture – Keuf kheuf… Pffff.
Moi – Qu’est-ce qui se passe ?
T – J’ai éteint la voiture… et j’arrive pas a la rallumer.
Moi – Tu as éteint la voiture ? Mais pour que la batterie se recharge, il faut la laisser tourner et rouler un moment -_- …
T – Euh… On n’a qu’a rappeler le type de l’hotel…
Moi – Ouais, je suis sûre qu’il sera très content.
T – Tu préfères payer je ne sais combien à la station service ?
Moi – Non.

Et ainsi le bonhomme de l’hotel nous a re-sauvés, et nous avons pu prendre la route. Bien que ce ne soit pas très agréable des deux côtés, j’ai passé mon temps à rappeler à Mister T d’éteindre ses phares après les tunnels (ce qu’il oubliait systématiquement) et de rouler bien au milieu de la voie plutôt qu’à cheval sur la ligne blanche (“Mais il vaut mieux rouler loin des voitures qui viennent en face !” “Non, il vaut mieux rouler correctement.”). Pas très sympa de la part de quelqu’un qui ne conduit pas, je sais… Mais ça nous a évité au moins deux fois de nouveaux problèmes de batterie. Par contre ça nous a pas évité d’arracher des branches à une pauvre plante pourtant posée SUR LE MUR D’UNE MAISON (“Tu roules quasiment hors piste. T’as amoché cette pauvre plante. Roule au milieu de la voie. ” “Ok. Je vais me concentrer.”).

Mais au fait, où allions nous, empêtrés dans les embouteillages grâce à nos 2h de retard ? Mais au Seisenryô bien sûr, là où on trouve “la meilleure glace du monde”, ce qui valait bien 3h de route.

T – On est presque arrivés. Un parking ! On continue à pied ou en voiture ?
Moi – A pied. Ca va sûrement être une torture de trouver une place libre plus proche du Seisenryô. On a qu’à se garer ici.
T – A pied ça fait une trotte, tu sais.
Moi – Mais non ça ira ! Allez, on se gare et on continue à pied. Tiens, ce sentier m’a tout l’air d’un raccourci.
[20mn plus tard]
Moi – C’est bizarre, ça fait vachement de détours non ?
T – C’est une piste pour vélos… Et je crois bien que ça nous éloigne de la vraie route.
Moi – On continue un peu pour voir ?
[10mn plus tard]
T – On n’est toujours pas arrivés. On ferait mieux de faire demi-tour.
Moi – Bon… ok.

Et c’est ainsi que ce fut mon tour de nous faire perdre plein de temps. Nous retournâmes à la voiture et quelque temps plus tard, ce fut enfin l’arrivée au Seisenryô, avec ses glaces, ses délicieux smoothies et ses cheesecakes emballés dans des copies d’un journal français qui parle encore en francs. Un détour par le moyennement célèbre “Moegi no Mori” (un petit village commercial tout en petites maisons et en nostalgie), et nous prenions le chemin du retour.

Heureusement, la malchance s’arrêta là, et la soirée fut bien plus agréable, avec deux pizzas au fromage bleu au fond de mon estomac (j’ai failli exploser) et un chouette petit feu d’artifice organisé par nous-même en présence d’un public très enthousiaste composé de… nous-même. L’emploi du temps du lendemain était encore bien chargé, et nous avions bien mérité de nous reposer.

Les plats de Hida-gyû (boeuf de Hida, massé et engraissé à la bière) que nous avons mangé au cours du voyage, par ordre de déliciosité. Je pourrais manger les 3 premiers tous les jours de ma vie sans me lasser…

1) Brochettes de Hida-gyû, mon dieu quel délice
2) Hida-gyû et petits légumes cuits sur une feuille odorante tartiné de miso *
3) Coeur de Hida-gyû grillé sauce shôyu
4) Diverses parties de Hida-gyû au barbecue (les noms sont japonais: rosu, nakaoroshi etc)
5) Langue de Hida-gyû sauce citron
6) Hida-gyû à la poële et wasabi

* photo:

Mister T - et sinon, vous faites un deuxième service ?

Mister T – “et sinon, vous faites un deuxième service ?”

 

Plus de détails dans les prochains épisodes !

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3 Responses to “Shinshu #2”

  1. papa Says:

    …bizarre, il a l’air pas tres cuit le HIDA !!!
    je pense que Mr T est martiniquais,ou italien, ou alors il a appris à conduire ici

  2. Tante Says:

    Salut ma chérie
    Dis moi t’as décidé d’être globe-mangeur???
    Et comme dit ton père l’a pas l’air très cuite cette viande, moi je l’aime à point. Vous m’en mettrez 2 portions siouplait.
    Biz voyageuse de tous les sens.

  3. marinogarou Says:

    Dis donc, t’es drôlement calée en mécanique toi!


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