Oncle Picsou

Wow ! Il y a tellement de nouvelles choses a raconter mais j’ai tellement peu de temps libre…
Dois-je commencer par la glace aux spaghetti, par comment j’ai par erreur fini dans un love hotel d’où m’a sauvée mon super-tuteur ? Par le chouette debut de mon stage, et ma nuit dans le mythique Sunrise Seto ? Et dire que tout ca c’est passe en globalement 2 semaines !

Bref, je crois que je vais commencer par la porsche, parce que comme ca c’est presque chronologique. Comment ca, “quelle porsche” ? Ne vous ai-je pas raconte comment j’ai gagne 5mn dans une porsche decapotable, juste en sifflant le conducteur ? Non non, ce n’est pas du tout ce que vous vous imaginez. N’allez pas me faire un reputation bizarre a cause de ces histoires de love hotel…

Or donc, je suis actuellement en stage a l’universite de Tokyo, mais avant ca il a fallu que je boucle tout mon programme a l’unversite de Tohoku. Ce qui signifie qu’en deux semaines j’ai prepare 2 exposes, ecrit un article scientifique et prepare un dossier de bourse de 10 pages, sans oublier de faire les demarches de stage et de nettoyer mon appart a Sendai, tout en participant a deux reunions franco-japonaises. Autant dire que dormir 7h en 5 jours est devenu une obligation.

C’est dans ces conditions qu’un beau matin a 11h, j’ai recu un mail qui disait: “Salut Lana-chan. Je serai a Sendai ce midi, ca te dit d’aller boire un the ?”
C’etait Usami-san, mon role-modele japonais (pour faire court, un type qui a fait la meilleure universite du japon tout en faisant des courses/rallies de moto/voitures et a traversé l’asie du sud-est en voiture en solitaire avant de se faire embaucher par Honda). Bien qu’on ait echange quelques mails, je ne l’avais pas vu depuis 3 ans: autant dire que je pouvais difficilement refuser.
Alors que je marchais vers le point de rendez-vous, qui donc me dépasse en faisant vrombir sa Porsche Boxter  S décapotable ? Usami-san of course, sauf que sans la voiture je ne l’aurais pas remarqué: locks rasta de 30cm de long, lunettes de mouche et chaine en or pour completer le tableau. Bref rien a voir avec le look permanente décolorée bouclée de mes souvenirs… Lui non plus ne m’avait pas vue et partait en direction inverse du point de rendez-vous, donc j’ai du siffler entre mes doigts pour qu’il s’arrête et me laisse monter (une scène certainement très bizarrement interprétée par les badauds…)

... rutilante

… rutilante

IMG_4943

 

En fait Usami-san a eu un parcours qui ressemble vaguement au mien, mais un peu a l’envers: il a été à l’université de Tohoku puis a fait son master a l’université de Tokyo, a pris 1 an de repos puis est entré chez Honda. Moi j’ai fait Honda pendant mon année de repos, puis Tohoku, et j’aimerais bien rentrer à Tokyo. Et pourquoi pas après revenir à Honda, puisque c’est là qu’apparemment Usami-san est devenu riche… Car oui, la porsche et la chaine en or, c’est parce qu’en deux ans a bosser à la cool chez Honda il est passé d’étudiant fauché qui peut pas se payer un hotel quand il vadrouille, à plutôt bien riche si j’ai compris. Et quand je dis qu’il bosse a la cool, c’est que le nombre d’heures obligatoires au bureau est de 30… par mois. Thème de recherche libre, pas d’obligation d’écrire des articles, et il n’écrit pas une ligne de code de la journée (pour info son thème de recherche c’est les voitures autonomes qui se conduisent toutes seules, donc normalement il faut quand meme savoir programmer). Bref je suppose qu’il a du obtenir des hyper super resultats pour se retrouver là !

Bref, après avoir fait un tour dans sa frimante voiture et discuté un moment, on est allé voir son ancien directeur de labo, qui a insité lourdement pour que je sois africaine mais fait du très bon café, et s’est finalement exclamé: “Quoi ! Tu vas travailler tous les jours habillé comme *ça* ?!”

*Ca* faisant réference aux locks évidemment, mais aussi au piercing géant et chaine en or avec pendentif rutilant, sans oublier le sarouel bizarre (personne ne s’habille comme ça au Japon, si vous en doutiez) dans une entreprise où le costard cravate est censé être la norme.

Après avoir choqué son ancien prof avec des noirs qui sont pas africains (“mais tes parents, ils SONT africains avoue ?”) et des salariés sarouelés, Usami-san est reparti dans sa chouette voiture dreadlocks au vent, et moi je suis retournée dans mon labo pour 20h supplémentaires de labeur solitaire.
Cela dit c’est aussi lui qui m’a suggéré d’aller démarcher des labos de Tokyo pour voir si je ne pouvais pas m’enfuir de Tohoku, et donc c’est un peu (beaucoup) grace à lui que je fais en ce moment même un stage dans un labo vraiment génial*. Alors je me sens un peu obligée de considérer son offre de sauter la case “doctorat” et d’essayer de me faire directement embaucher par HRI. Hé, moi aussi je veux être riche !

*Quand une collègue fait tomber son parapluie, mon supérieur shoote fort dedans d’un air triomphant (sa collègue est un peu comme ça aussi, alors ils sont copains comme cochons). Il chante dans le train, et est pris d’envies subites de danser dans les musées. Il dit des mensonges gros comme une maison sans ciller, et répond une fois “Oui!” une fois “Non!” si on lui pose 2 fois la meme question a une minute d’intervalle. Il interrompt sa présentation devant 40 personnes pour apostropher un pauvre collègue d’un retentissant: “Hé ! Ce slide je l’ai mis juste pour contredire ton papier de l’an dernier. Qu’est ce que t’en penses ?”, le slide en question étant un scan de notes manuscrites illisibles. Mon prof a une figure un peu terrifiante, mais en vrai il est hilarant… dans un style un peu spécial. Il a 53 ans, et exactement 2 cheveux blancs.

PS: je n’oublie pas la glace aux pates.

Neige et printemps

Salut à tous !

Vous êtes au courant ? Cette semaine c’était l’equinoxe de printemps ! Pour fêter ça à Sendai on a eu droit à une tempête de neige.

Ca faisait longtemps. Enfin non. Il neige plus ou moins tous les jours ici, depuis plusieurs mois d’ailleurs. Je ne sais pas ce qui fait que la neige tient ou pas, mais vous avez sûrement entendu parler des grosses chutes du mois dernier (ou avant ça ?) au Japon. A Tokyo ils ont eu 30cm, nous on  a eu 40 à 50cm, mais heureusement la ville est super bien organisée de ce côté là: j’ai été prévenue de la tempête de neige par un message sur mon non-smartphone, les bus ont chaussé leurs chaînes, et les chasse neige ont roulé toute la nuit.

Ca commence comme ça... (près de chez moi)

Ca commence comme ça… (près de chez moi)

et pis ça finit comme ça. (mon campus)

et pis ça finit comme ça. (mon campus)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfin bon, j’aime toujours la neige, à part quand elle commence à fondre et puis qu’elle regèle en plaques de verglas et qu’après il pleut par dessus, surtout si ça dure TROIS SEMAINES.

Heureusement, je serai bientôt de retour à Tokyo pour quelques mois (2), en stage à l’Université de Tokyo ! En vrai j’aurais voulu faire un doctorat là bas, mais bon financièrement parlant ça serait super chaud (sans parler du fait qu’entrer à l’université de Tokyo c’est très difficile: c’est une université hyper côtée au niveau *international*…). Du coup la raison officielle de mon stage c’est “Oui, je voudrais faire un doctorat mais avant j’aimerais savoir où je mets les pieds (histoire de pas retomber sur un labo déprimant comme celui ou je suis maintenant mais chut)”, mais bon, à moins d’une grosse bourse de la part du gouvernement Japonais ça a peu de chance de se concrétiser.

Et à propos, vous ai-je raconté que j’ai donné ma première présentation en tant qu’étudiant chercheur ? C’était il y a deux semaines, à la Convention Nationale de la Société Japonaise de Traitement de l’Information. C’était intéressant et aussi très stressant: après 15 d’expérience je suis toujours aussi nulle en exposés. En plus je l’ai fait en anglais, car il n’y a personne pour m’aider à corriger quand j’essaie de rédiger ce genre de trucs en japonais (ceux qui disent que j’avais pas qu’à sauter les cours de jap ont raison, d’ailleurs je vais m’inscrire à un cours par internet cette année.).

L’article s’appelle “Multicopter Localization with Sound Landmarks”, et en gros ça parle de comment c’est trop dur d’utiliser des microphones sur des robots volants parce qu’ils sont très bruyants, mais heureusement JE suis là pour sauver l’affaire… A moi le Nobel ! (en vrai c’est un article super bas niveau avec des fautes et vous le trouverez référencé nulle part…)

Aussi, j’ai été choisie pour noter un article à paraitre (ou pas) dans une très prestigieuse conférence internationale, mais c’est top secret ! Donc je vous dit pas le sujet, et puis bouchez vous les oreilles en lisant la phrase précédente, merci…

Puisque j’étais à Tokyo, j’en ai profité pour manger plein de trucs trop bons, acheter des bouquins en anglais et aller me promener à mon endroit préféré :

le rayon de soleil, les gratte-ciels...  Au bout du très chic Ebisu Garden et de tous ses restos et brasseries. Et au sous sol, sa boulangerie française.

le rayon de soleil, les gratte-ciels… Au bout du très chic Ebisu Garden et de tous ses restos et brasseries. Et au sous sol, sa boulangerie française.

Le château de Joel Robuchon, je suis sûre que j’ai déjà mis des photos ailleurs, mais il est toujours aussi magnifique !

A bientôt pour un nouveau post, qui parlera peut-être de nourriture car j’ai entendu dire que le Japon va sortir une glace aux spaghetti bolognaise (<– autocorrect me propose “spaghetti gabonaise” \o/ )

eh !

Cette photo d’érables aux minuscules et délicates feuilles dorées signifie deux choses : que l’automne est une rudement belle saison au Japon… et que je suis toujours au Japon !

Après beaucoup d’errances administratives et de nuits sans sommeil, me voilà bonne pour 6 mois de plus. Ouf ! Ca tombe bien car j’ai quelques articles en préparation.

Aujourd’hui c’était mon premier jour dans ma nouvelle entreprise : désormais je peux moi aussi faire scanner ma rétine pour ouvrir un tas de portes, même si l’enregistrement ne s’est pas fait sans mal. “Veuillez ajuster votre oeil gauche au centre de l’écran. Reculez. Reculez. Reculez. Echec. Veuillez recommencer. Scanner effectué. Veuillez approcher votre oeil droit. Reculez. Echec. Veuillez reprendre la procédure. Erreur. Veuillez relancer le programme. […]”.

Après cette journée très gratifiante mais bien fatigante (le premier qui demande combien de fois je me suis perdue dans le bâtiment, je l’étrangle), vous ne m’en voudrez pas si cet article est principalement composé de photos. Nous avons entamé la période du koyo, c’est à dire la période ou on va au parc ou à la montagne admirer les feuillages automnaux.

Vous remarquerez qu’en bon japonais, ce parc est ultra-propre : pas une feuille morte par terre…

Et voilà quelques photos d’une visite précédente à un autre parc, prise avec mon téléphone bas de gamme donc moins jolies:

Mais l’automne c’est aussi ça :

Un cheesecake aux pommes. Je vous abandonne sur cette note sucrée !

Otsukimi Dango

Salut !

Ai-je déjà dit que c’était l’automne ? La saison où, dit-on, le ciel du Japon est le plus beau. Il y a même un jour special pour observer la pleine lune d’automne : Otsukimi. Cette année, c’est tombe le 30 septembre. Traditionnellement, on en profite pour manger des dango, ces grosses billes blanches et élastiques fourrées aux haricots rouges. Comme c’est hyper sucré, je n’aime pas trop ça (et en plus j’ai râté le jour de la pleine lune), mais j’en ai quand même acheté :

Au départ les dango sont censés représenter la lune ronde et blanche; mais il y a aussi des dango-lapins, comme les miens : l’interprétation japonaise des cratères lunaires, c’est qu’ils sont en forme de lapin qui fabrique des mochi (pâtisserie proche des dango) dans un mortier…

via

Donc voila, tout est bien qui finit bien, les dango ressemblent a la fois a la lune et au lapin qui vit dessus…

Moins traditionnellement, il y a aussi le Tsukimi burger de chez McDo.

(cette pub date de 2007, mais celle de cette année est moins drôle.)

Pour reprendre où j’en étais hier, le dimanche midi nous sommes allés manger des sushis dans un kaitenzushi, les restos où les plats défilent sur des tapis roulants. Le sujet brûlant de la conversation était “Les sushi sont-ils meilleurs à Tokyo où à Kobe ?”,  mais il y a plus intéressant comme sujet : le principe même du kaitenzushi. Assis à sa table, on regarde passer les assiettes sur le tapis roulant et on se sert comme on veut; mais on peut aussi commander directement au chef, qui se trouve juste derrière le tapis et prépare tout sous les yeux des clients.
A la fin on somme les assiettes par couleur pour calculer l’addition (les prix dépendent de la couleur de l’assiette). Le plus souvent le serveur/la serveuse compte à la main, mais je suis déjà allée dans un kaitenzushi où après avoir fini son assiette, on la glissait comme un jeton dans une sorte de boite-aux-lettres-casino avec parfois à la clé le jackpot : un dessert ou une boisson gratuite. J’ai même vu un kaitenzushi où la serveuse scannait la pile d’assiettes avec une sorte de télécommande qui calculait automatiquement le prix…

Après le resto, direction le Miraikan, le “Musée du Futur”.

merci wikipedia

C’est un musée qui présente de façon ludique des découvertes scientifiques plus ou moins récentes, notamment des robots, une représentation mécanique du principe d’Internet, une fleur OGM en accès libre (pas de barrières, j’ai touché du pollen OGM ! Mais pas transgénique.) et un bout de station spatiale. Il y a également un globe terrestre géant et animé suspendu au plafond… On est arrivé un peu tard et du coup on a raté toutes les animations, les robots et les expériences de chimie en direct. Mais il y avait tout de même beaucoup de choses intéressantes, notamment des “repas spatiaux” dans la boutique du musée : nouilles, boulettes de riz et takoyaki probablement lyophilisés; mais aussi des liquides ferromagnétiques et toutes sortes de petites centrales produisant de l’électricité à partir de bactéries, de boue ou d’eau.

Le soir nous sommes retournés manger un milion de plats (dont deux bols de Takowaza, du riz au thé, du riz au saké, des steaks fourrés au fromage et un nombre conséquent d’oeufs crus) dans un petit “resto à boire”, mais nous avons surtout pu déguster différentes sortes de saké.

Enfin le mardi, en compagnie d’une autre amie japonaise rencontrée à Lyon, nous sommes allés à Kappadori, “la rue du Kappa”, célèbre pour ses échantillons de nourriture en plastique… et pour ses Kappas.

wiki wiki

Kappadori est une rue où tous les magasins sont consacrés à l’art culinaire, majoritairement à destination des professionnels. On y trouve aussi bien de célèbres artisans qui forgent et personnalisent leurs propres couteaux (en l’occurence plutôt des hachoirs géants et des sabres terrifiants), que des vendeurs de cantines en métal ou de machines à pop-corn. Et surtout, ce qui amène les touristes étrangers et japonais : les représentations de plats en plastique. J’ai déjà dit un mot à ce sujet sur l’ancien blog : au Japon beaucoup de restaurants disposent des plats / gateaux / glaces en plastique dans leur vitrine en guise de menu. Ce sont des objets d’un réalisme incroyable, fabriqués à la main, et souvent assez artistiques. A moins de 20cm, je ne suis généralement pas capable de distinguer le vrai du faux. Malheureusement, une horde de top models nous a plus ou moins chassé du premier magasin pour prendre des photos, ce qui m’a passé l’envie de sortir mon propre appareil.

juste du plastique et des colorants, comme les chewing gums collés sous les tables des amphis. Enfin, à choisir…

l’homme invisible et sa famille au resto

Il y a un nombre impressionnant d’articles, de la choppe de bière avec l’eau qui se condense dessus aux sushis en passant par tous les types de gâteaux imaginables. Il y a également de vraies oeuvres d’art qui tiennent plus du rêve culinaire que de la représentation concrète (une pomme crue, feuilletée, dont s’échappent des quartiers de pomme au four…), des plats en train de se briser en mille morceaux tandis que leur contenu s’éparpille pour former des toiles célèbres de Van Gogh… Je n’ai pas de photos, désolée !

Je crois que le mieux dans cette histoire, c’est que des kits “faites le vous-même” sont disponibles pour tous la majorité des plats exposés.

Pour clore cet article, j’ai trouvé au bas de la tour la plus haute du Japon (Tokyo Sky Tree), un magasin que je croyais éteint depuis le crétacé supérieur. Ca rappelle des souvenirs à quelqu’un ? (ah, et au dîner du mardi, nous avons mangé des sushis dans un vrai resto, pour changer. Toru en a presque pleuré d’émotion tellement c’était bon. Sérieusement, j’ai cru qu’il ne s’en remettrait pas.)

Aki

Coucou, c’est subitement l’automne ! La semaine dernière nous avons perdu 10°C en deux jours, il pleut un jour sur deux et aujourd’hui la moitié de l’archipel est en alerte cyclonique. (Pour autant que je puisse voir, une alerte cyclonique a Tokyo n’a rien à voir avec une alerte cyclonique en Martinique, le principal inconvénient étant que certains trains sont annulés. Par contre ça chauffe pour les îles du Sud !)

Mais l’automne c’est aussi les tartes à la citrouille, mon voisin qui m’offre un curry et fait ma vaisselle, et la rentrée scolaire. Sauf pour MOI, ha ha ha ! Pas de rentrée cette année, c’est une sensation très agréable, même si en même temps j’ai hâte d’entrer à l’université l’an prochain, d’avoir enfin une vraie bibliothèque sous la main et de faire plein d’activités en club comme se doit de le faire tout étudiant japonais.

Avant de passer à mon fameux chouette week-end dernier, un petit bonus. Chez 7/eleven, mon combini préféré, les catalogues nouveaux sont arrivés, et tout comme chez nous, “EN SEPTEMBRE C EST DEJA NOEL !!!”. A quoi ressemble le catalogue de noël d’une (grosse) épicerie japonaise ?

sevenElevenAKB

…et bien c’est d’abord le girls band AKB48, car en ce moment au Japon RIEN ne se fait sans qu’il y ait un boys/girls band associé avec. Et comme il n’y a pas non plus des masses de groupes du genre, c’est toujours les mêmes dans toutes les pubs, tous les programmes télé et toutes les séries B: AKB, Arashi, SMAP.

Mais que mange-t-on à Noël au Japon ?

du gâteau aux fraises…

… du gâteau à la fraise …

… et pour changer, des glaces à la fraise.

Et non, ce n’est pas du foie gras et du saumon fumé. Noël ici c’est à peu près ce qu’on peut en retenir des films américains : de la neige et des amoureux. Ce n’est pas spécialement une fête qu’on passe en famille, mais plutôt en couple ou avec des amis.

“Quel rapport avec cette avalanche de fraises ?”, me demanderez-vous. Et bien je n’en sais fichtre rien, à part que rouge et blanc sont en effet des couleurs noëlistiques…

Mais venons en aux choses sérieuses : mon dernier week end a duré quatre jours, et c’était vachement chouette. Un ami japonais (rencontré à l’INSA) est passé par Tokyo avant de rentrer (ou pas) chez lui plus au Sud, et comme môssieu est un gourmet, un habitant du Kansai ET un scientifique, ca ne pouvait être qu’un chouette week end ! Tout a commencé le samedi soir, quand j’ai reçu un message qui disait en gros : “Tu as déjà mangé ? Non ? Alors rendez-vous dans 1h à la gare de Shinjuku !”

Toru revenait tout juste d’une conférence à Nagano, ou plutôt il revenait tout juste de son année d’échange à l’Insa en passant par 8 pays différents avant de poser un pied au Japon pour aussitôt repartir assister à une conférence aux Etats-Unis puis une autre à Nagano, et c’est là qu’il a décider de passer par Tokyo. Puis Yokohama. Tout ça sans avoir encore posé le pied dans sa maison officielle au Japon, quelque part à Kobe… “Normal” ne fait pas partie des adjectifs que j’utilise souvent pour décrire mes amis.

Bref, nous avons commencé par manger des ramen (soupe de nouilles) dans un célèbre resto de ramen : la petite portion était si peu fidèle à son nom que je n’ai pas réussi à finir mon bol, bien que ce soit très bon. Monsieur le gourmet n’était lui, pas très satisfait car la qualité avait baissé depuis la dernière fois qu’il y avait mangé… il y a trois ans. Puis tandis que nous buvions un chocolat chaud dans un café pas loin, l’ami chez lequel il devait loger lui envoya un SMS qui disait, en gros : “Je suis à la gare ! Ca te dit d’aller manger quelque part ?”

Que croyez-vous qu’il se passa ? C’était l’occasion parfaite pour avaler un second dîner, moins d’une heure après le premier: il n’allait quand même pas décliner… Et donc nous sommes allés “boire” dans un “restaurant à boire”, c’est à dire un lieu où on va soit-disant pour discuter et boire de la bière mais en vrai on en profite pour manger plein de petites portions de très bons plats. En l’occurence, du poulpe cru sauce wasabi, des sardines grillées, des saucisses fumées, de la sole en papillotte, des brochettes de coeur de poulet… C’est comme un apéro qui durerait des heures et des heures. Bien sûr, je n’avais pas mon appareil photo. Voilà donc une photo de Takowasa (poulpe au wazabi) made in l’internet:

ça ressemble à des choses immondes (faites travailler votre imagination) mais en fait j’ai bien aimé… “Un peu gluant, mais – non, pas appétissant.”

La suite du week-en sera pour le prochain article (au menu, le “musée du futur”, encore plus de nourriture et la “rue du Kappa” !), mais si vous vous demandez comment les Japonais peuvent bien avoir envie de manger des trucs comme la photo ci-dessus, sachez que ce qui les écoeure est d’un tout autre ordre.
Pour bien comprendre le dialogue suivant, imaginez deux Marseillais avec un fort accent (= le dialecte du Kansai) dont l’un vit à Paris entouré de Parisens à l’accent parisien ( = le japonais officiel, celui de Tokyo).

le Pote – Octopoulpe, je peux te tutoyer ? La politesse ça me fait chier.
Toru – Je suis désolé qu’il soit comme ça. C’est son caractère.
Moi – Ca ne me dérange pas. Je ne suis pas très douée en politesse japonaise non plus…
Pote – Et puis je peux parler en dialecte du Kansai ? Quand j’essaye de parler en “Tokyoïte” ça sonne tellement bizarre que je m’écoeure moi-même !
Toru – Rassure-toi, tu m’écoeures aussi. Vas-y, dis un truc en Tokyoïte !
Pote – Euh… “Je m’appelle Tanabe, euh…”
Toru – Baaah, arrête c’est juste… dégoûtant !
Pote – Je sais. Mais depuis que je vis à Tokyo entouré de gens qui parlent Tokyoïte ça me déteint dessus. Je le fais sans m’en rendre compte. Sauf que ça déteint mal, et si chez eux ça sonne normal, chez moi ça donne ça !

Voilà, à la prochaine !

Toc toc, ouvrez, c’est Google Maps !

Depuis quelque temps, j’ai remarqué un truc (passionnant non ?) : quand j’utilise l’option street view de Google Maps, j’atterris régulièrement dans des bâtiments.

Pas au sens figuré, littéralement : je cherche la rue Meiji, et paf ! Me voilà dans une boutique, à chercher la sortie désespérément.

Vous remarquerez qu’on voit vraiment tous les détails de la boutique, jusqu’au nom des boîtes de thé sur les rayonnages, mais le visage de la ramasseuse de thé sur le poster derrière le sucre en poudre La Perruche a été pudiquement flouté… Par contre le poster en noir et blanc dans l’escalier n’est pas flouté, allez savoir pourquoi.

En plus je déduis de l’absence de porte que nous sommes au sous-sol du magasin, ce qui m’inspire deux questions :  pourquoi nous faire visiter le sous-sol et pas le rez-de-chaussée ?  Et : le type s’est vraiment tapé l’escalier minuscule avec sa caméra panoramique géante estampillée Google ?

J’ai essayé d’enter dans des bâtiments avec Google Maps à Lyon, mais il semble que ce soit impossible. N’y a-t-il qu’au Japon qu’on peut fouiner dans les boutiques et les restaurants en 3D et voir derrière le comptoir du chef cuisinier ? On peut arpenter chaque millimètre, zigzaguer entre les chaises, coller son nez aux murs et compter les araignées au plafond (0).

Je ne sais pas comment sont choisies les boutiques où va la Google team, mais je vous ai trouvé un salon d’UV et un family restaurant où on mange assis par terre. Et en attendant l’article sur ce que j’ai fait de super le week end dernier, voici le restaurant où j’ai mangé dimanche soir : WAN. Vous pouvez entrer dans les “box”, mais attention c’est un vrai labyrinthe, et je crois bien que là où je suis allée, c’était au deuxième sous sol ou quelque chose comme ça…

Ookami kodomo no Ame to Yuki : revue de film

Salut les gens, denierement en plus de manager mon equipe pour laquelle je joue egalement le role de prof d’informatique, de gerer le serveur de la boite et d’etre officiellement responsable de l’entretien bu bureau, je donne des conseils a mon boss en quete d’approbation et j’organise des soirees foot-pizza-mojito au bureau. Oh, ai-je precise que j’etais stagiaire francaise dans une boite japonaise ? Qu’est-ce que ca serait si je devais avoir un vrai boulot.

Aujourd’hui un post qui n’a rien a voir : la revue d’un film que j’ai vu recemment, ou plus exactement la revue des raisons pour lesquelles je doute que ce film sorte un jour en France.

Mais permettez moi d’abord de revenir sur comment j’ai choisi d’aller voir ce film, et pour cela je n’hesiterai pas a citer des noms, tremblez mortels. Tout a commence quand j ai demande a un ami des conseils sur quel film aller voir au cine (oui, c’est toi la bas au fond, Lionel).  Malheureusement, lui non plus n’avait pas ete dans les salles obscures recemment, et n’avait pas vraiment de film a me conseiller, a part d’eviter le dernier Spiderman. Livree a moi meme, j’ai decide d’aller voir un dessin anime dont j’avais apercu le personnage  principal dans un publicite pour du curry. Chacun ses criteres, ne me jugez pas !

Pluie et Neige, les enfants-loups

Un film apparemment produit par les memes gars qui ont fait “The girl who leapt through time” et “Summer Wars”, soit deux tres beaux films. D’ailleurs celui-ci aussi est graphiquement plutot reussi, mais laissez moi vous parler un peu du scenario :

C’est l’hisoire d’une etudiante qui un jour voit un autre etudiant dans le meme amphi. Bien sur il est grand beau et mysterieux, et bien sur elle tombe amoureuse et commence a lui courir apres. Au bout d’un moment, par une nuit de pleine lune, son nouveau petit ami decide de lui avouer un grand secret : en fait c’est un loup-garou. Un sombre beau gosse qui revele a une etudiante sans interet sa terrible nature satanique en se transformant sous la lune, ca vous rappelle pas un truc ? Par exemple un film que certaines personnes m’auraient forcee a aller voir (entre autres, un certain Lionel figurez vous. Ca ne s’invente pas), et qui s’appelerait Twilight ?

Mais passons aux choses serieuses. Pourquoi je doute que Ame to Yuki sorte en France ?

Premierement, la scene qui suit la grande revelation : en fait le type n’est pas un mechant loup garou assoiffe de sang, c est juste le dernier descendant de gens qui peuvent a volonte choisir en leur apparence humaine ou leur apparence de loup (les normaux, pas les magiques). Du coup les amoureux decident de rentrer chez eux pour un interlude classe X, et que croyez vous qu’il se passe ? Ils ont le choix entre un calin normal et un moment zoophile… et ils choisissent la zoophilie. Si romantique, si choquant et si interdit par la loi en France.

Aussitot apres la jeune fille tombe enceinte, et tout le monde est tres content. Au Japon ce n’est pas choquant qu’une etudiante d’environ 18 ans tombe enceinte et abandonne ses etudes sans etre diplomee pour devenir femme au foyer et cuisiner pour son mec; ce qui me choque moi c’est que les deux personnages n’ont apparemment aucune famille pour les soutenir financierement, que le mec qui lui aussi est etudiant a tout juste un petit job de demenageur, mais que malgre ca ils decident que la fille va laisser tomber son diplome et rester a la maison afin d’avoir une floppee de gosses (en fait ils commencent par en avoir deux, mais si le monsieur-loup ne mourait pas tragiquement, tout laisse a croire qu’ils en auraient eu d’autres). C’est tellement responsable et realiste comme attitude.

Apres ca tout le dessin anime parle de comment la jeune fille se bat pour elever seule ses deux enfants, comment elle abandonne tout confort, tout loisir, toute relation sociale, perd le sommeil, demenage, se tue a la tahce et se ronge d’inquietude afin que ses cherubins a oreilles poilues qui ne l’aident jamais a quoi que soit grandissent sans etre envoyes au zoo. Ensuite ils l’abandonnent tous les deux pour vivre leurs vies d’ados independants et elle reste seule dans sa grande maison a jouer les ermites.

Bien sur, ce n’est pas du tout comme ca que le dit le film, c’est un dessin anime mignon qui parle de l’amour maternel et tout et tout, je suis sure que la plupart des gens voient juste ca comme un beau film plein d’emotion de bonne morale, apres tout ca se voit sur l’affiche non ? Mais meme si le film ne raconte pas l’histoire comme moi, ca fait bel et bien partie de ce qu’il raconte. En ce sens, j’ai trouve l’histoire reellement terrifiante. Et je doute que “l’exemple” (les gens aiment voir des exemples partout)  donne par l heroine soit suffisamment politiquement correct pour qu’une boite essaie de le sortir en France : une ado completement seule avec deux gosses, litteralement confinee  a la maison pour leur consacrer chaque minute de sa vie et erigee en modele, vous avez dit regression sociale ?

EDIT : apres recherche, il s avere que le film est bien sorti en France… 1 mois apres le Japon. Premier pays d’Europe a l’avoir sorti au cinema, tous les media ont trouve le film merveilleux, comme quoi j’avais juste… Completement tort !