Shinshu #4

… (faisons comme si je n avais pas 2 mois de retard)

Pour terminer donc, les photos du celebre village de Shirakawa-go, un tout petit bout d’histoire classé Heritage Mondial de l’UNESCO.

P1100340

P1100343

Mes photos ne sont pas terrible, et c’est bien dommage car ce village est vraiment très beau. On y trouve des maisons en bois à 5 étages…

P1100347

Couvertes d’un toit epais et pentu pour parer aux jours de neige et de grand froid. Il parait que village est encore plus beau en hiver (tu m’étonnes).

P1100334

Il y aussi, bien sur, des rizieres, qui prennent cette jolie couleur vert-doré quand le riz commence à murir en été. (on me dit a l’oreillette que “vert doré” n’est pas une couleur. Disons vert avec des reflets dorés, si vous arrivez à imaginer. )

P1100336

On peut aussi (moyennant finances) visiter l’interieur des maisons dont une partie est transformee en musee, avec des outils d’époque (ne me demandez pas QUELLE époque. Certaines sources disent ~1600…). C’était le village de Shirakawago !

trouvez l'intrus

trouvez l’intrus

Shinshu #3

Oulah, cette serie traine vraiment en longueur… Essayons d’aerer avec quelques photos qui n’ont rien a voir:

Pictogramme croise au musee de Sendai

Pictogramme croise au musee de Sendai (toilettes)

Joyeux buissons et un gros bout de mon index

Joyeux buissons Tokyoites et un gros bout de mon index

Fanta edition limitee gout Nashi (poire japonaise)

Fanta edition limitee gout hipster ou peut-etre Nashi (poire japonaise)

Continuons !

Le jour suivant, apres avoir offert un petit cadeau bien merite au gerant de l’hotel,  nous avons pris la route pour Kamikochi, dans les Alpes Japonaises. Oui, c’est le vrai nom, et non, je ne sais pas pourquoi il y a autant d’Alpes dans le monde. Peut-etre que quelqu’un a cru que montagnes = Alpes, et s’est mis a parcourir le monde en baptisant toute chaine de montagne “Alpes” ? Ou peut-etre que cette lobbyiste de Heidi et son grand pere sont derriere une machination internationale ? Ou peut-etre que “Pyrenees” est trop dur a epeler. En route, nous avons pu admirer trois immenses barrages qui servent a alimenter les centrales electriques; je crois bien que c’est la plus grande construction humaine que j’aie jamais vue.

En tout cas, Kamikochi est un tres beau parc, un grand morceau de riviere avec des montagnes autour, des lacs, des marais, des singes et toutes sortes de guepes. Je cite les guepes parce que nous nous sommes retrouves enfermes dans un bus pendant 20mn avec une grosse guepe noire (je suis insecte-raciste: les reflets bleu-noirs sur quelque insecte que ce soit ca me fait ENCORE PLUS flipper. Enfin noir-jaune c’est pas trop cool non plus. Ni rouge. bref.). Comme de bien entendu, la bete avait tout le bus pour elle mais elle a choisi mon appuie-tete pour exercer ses talents : il a fallu que Mister T la force a aller dehors. A grand renfort de baffes, et encore; il a fallu lui jeter un rideau a la tete et fermer la fenetre en quatrieme vitesse pour qu’elle accepte de degager…

T. – Tu a peur des guepes ? Mais elles sont inoffensives !
Moi – Inoffensives ? C’est ca ouais !
T. – Personne ne se fait jamais piquer, il n’y a pas de raison d’avoir peur.
Moi – Toi t’as peur des fantomes, ben moi j’ai peur des insectes. Chacun son truc.
T. – Hum… Touché.

Au moins les insectes, ca existe vraiment, na ! Enfin, je suis pas sure que ca soit mieux comme ca…

A part les singes (que nous n’avons pas vus, mais apparemment on est bien les seuls), il y aussi de tres interessantes araignees a Kamikochi: minuscules (un bon point ca), noires et rouges avec de tres longues pattes, elles passent leur temps a transporter des feuilles mortes. Leur silouhette degingandee semble leur servir principalement a deplacer tres lentement des lambeaux vegetaux d’un point A a un point B : dressees sur la pointe des pieds, elles enjambent theatralement des obstacles aussi terribles qu’un gros gravillon ou une menacante brindille. Toutes les araignees devraient etre comme ca: vegetariennes, lentes, et surtout, loin de ma maison.

Apres Kamikochi, nous sommes alles prendre possession de noutre nouvelle chambre d’hotel, a Takayama. C’est une tres jolie ville, dont la plupart des batiments sont des maisons traditionnelles en bois. C’est d’ailleurs la que nous avons entrepris de faire une cure de boeuf de Hida, ce qui ne fut pas tres complique vu qu’on en vend a tous les coins de rue. Il y beaucoup de choses a faire pour pas trop cher dans cette ville, car elle est tres touristique. Nous y sommes restes jusqu’a la fin du voyage, c’est a dire les deux jours suivants. La prochaine fois, je vous parlerai du plus beau village du monde… Avec photos en prime.

Shinshu #2

Le voyage s’est poursuivi dès 7h le lendemain matin. Du moins c’est ce qui était prévu. Si la voiture de location avait démarré.

Il se trouve que Mister T avait laissé les phares allumés toute la nuit, alors forcément, la batterie a déclaré forfait et nous nous sommes retrouvés bien malins avec notre super voiture de location plantée au milieu d’un parking désert, à une heure où même les stations services sont fermées. Pour la défense de Mister T, les phares de la voiture étaient particulièrement faibles, au point qu’aucun d’entre nous n’a remarqué qu’ils étaient restés allumés (au milieu de la nuit noire). Mais ça m’a aussi fait prendre conscience que contrairement à mes potes pilotes de course, Mister T n’était pas forcément très calé en automobile… surtout quand il a pointé le réservoir d’eau en demandant: “c’est ça la batterie ?”.

Je lui ai donc expliqué quelles options s’offraient à nous, et nous avons finalement décidé de faire appel au gentil propriétaire de l’hotel, qui a rechargé notre batterie en la connectant à celle de sa grosse voiture, avant de repartir s’occuper de ses clients 1km plus loin.

Moi – Ouf ! Nous voilà sauvés !
T – Ouais, enfin on va pouvoir se mettre en route !
Voiture – Keuf kheuf… Pffff.
Moi – Qu’est-ce qui se passe ?
T – J’ai éteint la voiture… et j’arrive pas a la rallumer.
Moi – Tu as éteint la voiture ? Mais pour que la batterie se recharge, il faut la laisser tourner et rouler un moment -_- …
T – Euh… On n’a qu’a rappeler le type de l’hotel…
Moi – Ouais, je suis sûre qu’il sera très content.
T – Tu préfères payer je ne sais combien à la station service ?
Moi – Non.

Et ainsi le bonhomme de l’hotel nous a re-sauvés, et nous avons pu prendre la route. Bien que ce ne soit pas très agréable des deux côtés, j’ai passé mon temps à rappeler à Mister T d’éteindre ses phares après les tunnels (ce qu’il oubliait systématiquement) et de rouler bien au milieu de la voie plutôt qu’à cheval sur la ligne blanche (“Mais il vaut mieux rouler loin des voitures qui viennent en face !” “Non, il vaut mieux rouler correctement.”). Pas très sympa de la part de quelqu’un qui ne conduit pas, je sais… Mais ça nous a évité au moins deux fois de nouveaux problèmes de batterie. Par contre ça nous a pas évité d’arracher des branches à une pauvre plante pourtant posée SUR LE MUR D’UNE MAISON (“Tu roules quasiment hors piste. T’as amoché cette pauvre plante. Roule au milieu de la voie. ” “Ok. Je vais me concentrer.”).

Mais au fait, où allions nous, empêtrés dans les embouteillages grâce à nos 2h de retard ? Mais au Seisenryô bien sûr, là où on trouve “la meilleure glace du monde”, ce qui valait bien 3h de route.

T – On est presque arrivés. Un parking ! On continue à pied ou en voiture ?
Moi – A pied. Ca va sûrement être une torture de trouver une place libre plus proche du Seisenryô. On a qu’à se garer ici.
T – A pied ça fait une trotte, tu sais.
Moi – Mais non ça ira ! Allez, on se gare et on continue à pied. Tiens, ce sentier m’a tout l’air d’un raccourci.
[20mn plus tard]
Moi – C’est bizarre, ça fait vachement de détours non ?
T – C’est une piste pour vélos… Et je crois bien que ça nous éloigne de la vraie route.
Moi – On continue un peu pour voir ?
[10mn plus tard]
T – On n’est toujours pas arrivés. On ferait mieux de faire demi-tour.
Moi – Bon… ok.

Et c’est ainsi que ce fut mon tour de nous faire perdre plein de temps. Nous retournâmes à la voiture et quelque temps plus tard, ce fut enfin l’arrivée au Seisenryô, avec ses glaces, ses délicieux smoothies et ses cheesecakes emballés dans des copies d’un journal français qui parle encore en francs. Un détour par le moyennement célèbre “Moegi no Mori” (un petit village commercial tout en petites maisons et en nostalgie), et nous prenions le chemin du retour.

Heureusement, la malchance s’arrêta là, et la soirée fut bien plus agréable, avec deux pizzas au fromage bleu au fond de mon estomac (j’ai failli exploser) et un chouette petit feu d’artifice organisé par nous-même en présence d’un public très enthousiaste composé de… nous-même. L’emploi du temps du lendemain était encore bien chargé, et nous avions bien mérité de nous reposer.

Les plats de Hida-gyû (boeuf de Hida, massé et engraissé à la bière) que nous avons mangé au cours du voyage, par ordre de déliciosité. Je pourrais manger les 3 premiers tous les jours de ma vie sans me lasser…

1) Brochettes de Hida-gyû, mon dieu quel délice
2) Hida-gyû et petits légumes cuits sur une feuille odorante tartiné de miso *
3) Coeur de Hida-gyû grillé sauce shôyu
4) Diverses parties de Hida-gyû au barbecue (les noms sont japonais: rosu, nakaoroshi etc)
5) Langue de Hida-gyû sauce citron
6) Hida-gyû à la poële et wasabi

* photo:

Mister T - et sinon, vous faites un deuxième service ?

Mister T – “et sinon, vous faites un deuxième service ?”

 

Plus de détails dans les prochains épisodes !

Shinshu #1

Apres quelques mois moroses dans la ville de Sendai, il etait temps pour moi de mettre le nez dehors ! La semaine de vacances nationale etait une bonne occasion, d’une part parce que mon labo etat ferme, d’autre part parce que mes amis japonais (qui habitent partout sauf a Sendai) etaient eux aussi en vacances. Ce qui etait une moins bonne idee, c’etait de tout decider la veille, a la periode la plus touristique de l’annee (mais bon, c’etait pas exactement ma faute).

Finalement, accompagnee d’un ami aussi passionne que moi par tout ce qui se mange (appelons le Mister T), et pourvus d’une voiture de location, c’est dans la prefecture de Nagano que nous avons decide de passer 5 jours a nous goinfrer. Enfin au depart, ce n’etait pas le but principal, mais je crois que c’etait inevitable ! Nous avions decide a l’avance des endroits a visiter (qui pour plus de commodite, etaient eloignes les uns des autres de centaines de kms), et au depart, le voyage s’annoncait presque normal: parc naturels, chateaux, musees… Mais des que nous nous sommes retrouves au point de rendez-vous, la gare de Matsumoto, lui apres des heures de route et moi apres de heures de train, le voyage a pris une tournure qui s’est maintenue jusqu’au dernier jour:

T – J’ai faim !
Moi – Et moi donc. Eh, regarde ce panneau ! Ils disent que c’est le festival de la nouille de sarrazin aujourd’hui, et en plus c’est pas loin de la gare !

Apres avoir remplis nos bedons de soupe de nouilles aux legumes, j’ai apercu un vendeur de glaces “a l’italienne”.

Moi – Tiens, je vais en acheter une, ca sera ma premiere glace de l’ete.
T – Non, ne fais pas ca ! N’oublie pas que demain on doit aller au Seisenryo, ou l’on vend la meilleure glace lait-miel du monde.
Moi – Ouais enfin, t’exagere pas un peu quand meme ?
T – Ben vas y, achete une glace ici, comme ca tu pourras comparer !

Un peu plus tard, alors qu’il nous restait quelques dizaines de minutes avant de prendre la route pour aller a l’hotel, nous decidames de visiter une plantation de wasabi… Qui par hasard, vendait aussi de la glace au wasabi. C’est ainsi que nous primes solennellement la decision de maintenir une glorieuse moyenne de 2 glaces par jour jusqu’a la fin du voyage, resolution respectee a une glace pres d’apres mes comptes ! Quand je fis remarquer que tout ca n’etait pas tres typique de deux adultes responsables, et que ca ressemblait plutot au road-trip d’une paire de gamins de 5 ans, Mister T repondit: “Mais non pas du tout…”. La suite du voyage, faite de lancer de cailloux, de feux d’artifice maison, d’histoires de fantomes et de bruits de pets avec les mains, ne semble pas l’avoir fait changer d’avis.

Sur ce, nous fimes en voiture la centaine de kms qui nous separait de l’hotel, un petit coin perdu dans une campagne sans eclairage. L’hotel etait tres calme et tres propre, et les proprietaires adorables, mais voila: Mister T a peur du noir, des fantomes et des cimetieres, et cette campagne avait la nuit la plus sombre que j’aie jamais vu. Les gens se baladaient avec des lampes frontales, c’est dire ! D’un cote, il a bien fallu aller garer la voiture dans un recoin obscur, et rentrer a l’hotel en passant pres d’un cimetiere, et Mister T a failli avoir une crise cardiaque quand des gamins ont tire des petards pas loin du parking. Juste apres qu’on ait depasse un cimetiere, sinon ca n’aurait pas ete drole.

T – Regarde ! Il y a un truc qui brille dans la foret, derriere le parking !
Moi – Mais bien sur…
T – Mais je te jure ! Vraiment ! C’est… ah, c’est juste des mini feux d’artifices.

D’un autre cote, le ciel etait si clair et la nuit si sombre qu’on pouvait voir la voie lactee et des tas d’etoiles filantes depuis le balcon… Et la pizza au fromage bleu du diner etait un regal. Et croyez moi, trouver du bon fromage au Japon, c’est comme trouver des bons sushis en France: soit ca coute un bras, soit vous etes vraiment chanceux !

… Ce que nous n’avons pas ete le jour suivant, mais c’est une autre histoire. En attendant, voici la liste des glaces, par ordre de deliciosite (selon moi, mais Mister T maintient que lait-miel est une tuerie).

1) Glace au sesame noir et au lait de soja
2) Glace aux haricots noir et au soja roti
3) Glace framboise-myrtille
4) Glace lait-miel
5) Glace a la peche de Hida
6) Glace au sake Doburoku
7) Glace au chocolat de supermarche
8) Snow-ball au citron
9) Glace au wasabi
10) ??? trou de memoire…

La prochaine fois, je vous ferais la liste des meilleurs plats contenant du boeuf de Hida, le genre de bovide qui boit de la biere et a droit a des massages…

Ibaraki

Bonjour !

Vendredi dernier, c’était mon premier et dernier jour de congé avant le nouvel an. J’en ai donc profité, comme quelques millions de Japonais, pour faire du tourisme avec des amis. Ci dessus, une magnifique chute d’eau au coeur d’une petite montagne : le bruit de l’eau, les feuilles rouges qui tombent lentement depuis le haut de la falaise : rien de tel pour oublier… qu’il pleut et qu’il fait froid.

Mais avant de passer au détail de cette “randonnée transormée en gourmet trip pour cause de pluie” dans la préfecture d’Iwate IBARAKI, un mot sur mon nouveau job : “génial”. Pas exactement “fantastique” parce que ça ne fait qu’une semaine que je suis là et que la pause déjeuner ne dure que 30mn (arrrgh ! mon côté latin et sa pause déjeuner de 2h minimum sont à l’agonie… Même si dans la vraie vie je passe rarement plus de 15mn à table.).

A quoi ressemble ma journée dans le labo informatique de Honda ? Tout d’abord, 5mn de marche entre mon appartement et l’entrée principale du research institute. Puis je fais les yeux doux au scanner rétinien afin d’accéder à l’intérieur de mon bâtiment. Une fois dans mon bureau, j’allume mes quatre ou cinq machines : deux pads Android tellement neufs que c’est moi qui les ai déballés, plus un autre pad moins récent utilisé par le stagiaire avant moi (car apparemment chaque stagiaire reçoit la dernière machine à la mode pour pouvoir bosser dans de bonnes conditions…); un PC sous Ubuntu et un autre  sous Windows. Oui, j’ai un laaaarge bureau pour que tout tienne dessus… A midi mon chef d’équipe passe nous chercher pour aller manger. La cantine, sur plusieurs étages, est immense et accueille je ne sais combien de milliers d’employés chaque jour. On a le choix entre une demi-douzaine de plats à thème chaque jour, chacun composé de deux entrées, un plat, un dessert. Les thèmes sont  du type : japonais A, japonais B, occidental, chinois, diététique…
Après quoi je retourne bosser jusqu’à 6h et puis je rentre chez moi.

La journée de vacances de Vendredi a donc commencé par un déjeuner chaud dans une auberge réputée pour ses shamo (en fait non, la journée a commencé par 1h de train et 2h de voiture). Le plat en question s’appelle shamo-nabe, c’est à dire “marmite de coq (ou une autre sorte de volatile)” (y a pas encore d’élevage de chameaux par ici):

Ce plat d’hiver, composé de champignons, carottes, oignons, tofu et choux blanc dans un bouillon léger, arrive cru (sauf la viande) et se mange de la façon suivante : laisser mijoter 10mn le temps que les légumes cuisent; dévorer le tout jusqu’à la dernière miette. Quand il ne reste que le bouillon, ajouter du riz ou des nouilles, deux oeufs et couvrir jusqu’à ce que tout le bouillon soit absorbé. Comme ça rien ne se perd… Le plat sur la photo est pour 2, mais nous n’avons pas réussi à le finir à 3, sachant qu’à moi seule j’ai bien dû en avaler la moitié.

Ensuite nous avons profité d’une éclaircie pour aller voir cette fameuse chute d’eau. Sur le chemin j’en ai profité pour acheter une grosse brochette de mochi au yuzu (boulettes de farine de riz grillée couverte d’une sauce au yuzu, agrume japonais).

ce pont est aussi stable qu’un flamby.

on est presque en décembre, mais l’automne japonais, c’est pas de la rigolade !

le “buisson ardent” biblique devait ressembler à ça.

Après la cascade, nous sommes allés à un endroit en pleine campagne nommé “Oyaki gakkô”, soit “L’école des Oyaki”, oyaki étant le nom d’une patisserie japonaise qui ressemble à un pain brioché fourré. C’était une véritable école, un long bâtiment en bois transformé en fabrique à oyaki, avec une partie réservée aux visiteurs souhaitant apprendre à faire des oyaki… sauf que la pâte était fournie, donc c’était plutôt comme un atelier pâte-à-sel : tu fais une forme, tu la remplis de confiture de pomme, de champignons ou de potiron et tu peint un symbole dessus. Après quoi les oyaki sont cuits à la vapeur et tu rentres chez toi avec tes oyaki estampillés “gôkaku” (合格), c’est à dire “succès !” ou “20/20” enfin bref, tu a passé l’examen de l’Ecole des Oyaki.

Je me suis contentée de bêtes oyaki ronds, mais certains artistes ont fait des têtes de zombies, de pikachu, d’ours, de chats….

Après ça pour compléter le voyage, nous avons été acheter des cheesecakes dans un magasin réputé pour ses desserts, mais comme tout le monde avait déjà le ventre plein à exploser, nous les avons gardés pour plus tard… Ce fut un chouette voyage, même si mon estomac n’était pas super ravi que je l’aie confondu avec un puits sans fond et que j’ai du dormir sur le dos.

Kamakura

He bien c etait une grosse pause ! Le blog a pile une semaine de retard… On va dire que c etait mes vacances d ete !

… Sauf qu en fait c etait pas du tout les vacances. La semaine derniere, j etais la seule personne de mon equipe a venir au bureau, sachant que le projet sur lequel nous travaillons doit etre fini la semaine prochaine. Ce qui fait que j ai du aussi bosser a la place des absents… En fait ca c est passe un peu comme ca (par mail) :

Moi – Bon, reunion generale Mardi. Ordre du jour : rapport sur l’avancement du projet, revue des wireframes, calendrier des designers, ajustement du planning de test, arrivee d un nouveau membre dans l equipe. Ca convient a tout le monde ?
Tout le monde – Oui oui, c est parfait.

Mardi matin, je prends mon courage a deux mains et fais mes 5km a velo jusqu au bureau, en depit d un orteil fraichement explose sur le pied du lit. (quand je dis explose, c est fendu en deux avec du sang et tout et tout…). J ouvre ma boite mail pour assister a l echange suivant :

R-san – Ah en fait, je vais pas pouvoir venir a la reunion aujourd’hui.
K-san – Moi je tousse et ma copine m a quitte il y a quatre mois. Je pense que je vais rester a la maison.
le Boss – Oh mais ca tombe trop bien. Moi aussi je me sens pas bien, je comptais rester a la maison aujourd’hui.

Mais les gars ecoutez, C EST GENIAL DITES MOI. C est pas comme si je venais d inonder ma chaussure de sang sur 5km, pour venir a une reunion sur un projet dont l idee de base me semble super douteuse mais que VOUS trouviez tous fantastique…
Et voila comment j ai passe une semaine tout a fait horrible. Heureusement il y a eu ca (echange par mails telephoniques):

De : graou_graou_je_suis_le_lion@XYZ.jp
A : Octopoulpe@XYZ.jp
Message : GRAAAOU !

De : Octopoulpe@XYZ.jp
A : graou_graou_je_suis_le_lion@XYZ.jp
Message : ??? C’est qui ???

De : graou_graou_je_suis_le_lion@XYZ.jp
A : Octopoulpe@XYZ.jp
Message : He ben quoi, tu connais tant de lions que ca ? C est moi enfin, C. !

…Qui m a bien fait rigoler apres m avoir plongee dans une perplexite sans nom. Et puis ca :

Coucou Octopoulpe ! Tu fais quoi ce week end ? Si tu veux tu pourrais venir dormir chez moi, samedi on visiterait la ville, le soir tu dormirais a la maison et dimanche on irait a la plage !

Ce qui fait que j ai encore passe un super week end, mange a en exploser a tous les repas (entre autres, sashimi de poisson et de poulet, boeuf saute, riz au sesame, asperges au jambon, camembert japonais, jambon cru, tomates a la mozzarella, soja saute aux champignons, sushis, tofu frit, tofu pas frit, coquilles saint jacques, calamar, takoyaki, raviolis chinois frits, raviolis chinois a la vapeur, toutes sortes de sucreries… Tout etait tres bon, sauf le poulet cru), et on a meme assiste totalement par hasard a un mariage traditionnel dans un temple. Traditionnel avec moines et moniales en costume, gongs et flutes, mais mariage entre un etranger et une japonaise !